Vendredi 22 septembre 2006
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16:53
Je vous avertis/rassure (au choix) tous mes articles ne seront pas aussi long et détaillé que celui-ci, c'est juste l'effet déstabilisant du premier jour...
Départ sans panique d'Orly Sud. La Ville Lumière se réveille sous une chape de nuages, qui prolonge un peu la nuit. J'y retrouve Emilie et Yves pour embarquer dans le vol 2307 à Destination de Prague. J'embrasse mon père et ma marraine et nous arpentons ensuite les couloirs de l'immense aéroport. L'attente fait place à l'anxiété tandis que sous nos yeux l'avion manoeuvre pour que la passerelle s'attache à lui. Sourire et message de binevenue des hôtesses, puis décollage. Nous perçons alors le voile grisâtre pour déboucher sur une mer de nuages éclairée par un soleil éclatant. Il semble que nous survolons une plaine enneigée infinie. Je feuillette un guide du Routard, qui m'en apprend plus sur l'histoire du peuple tchèque et les subtilités de la langue. Finalement l'heure et demie de voyage aura passé à une vitesse folle, déjà nous amorçons la descente vers un paysage de verdure et de champs, essaimé de toits rouges.
L'aéroport semble n'avoir jamais servi tant il est propre. Nous parvenons à trouver l'endroit où l'on achète des tickets de transport et enfin l'arrêt où passe le bus 119 C (prononcer tché). Après s'être rendu compte, en même temps qu'un petit groupe de touriste, que ce bus allait se garer à la station centrale et son chauffeur se reposer, nous avons attendu son collègue qui, lui, allait nous amener à la station de métro désirée : Dejvicka (prononcer Deiivichka). Içi le tramway surplombe la ligne de métro, des tramway d'un autre âge, rouge et crème, côtoyant les voitures à (trop) grande vitesse. Le métro semble aussi très récent, mais la décoration de nombreuses stations est un manifeste des seventies : une plaque de métal sur laquelle est embossée une partie de sphère, et ces plaques recouvrent toute la courbure du tunnel. Elles sont dorées ou rouges, dorées ou vertes, dorées ou bleues... Et les escalators qui nous ramènent à la surface sont interminables (5 minutes de montée/descente selon l'option choisie!). Par contre cette attente a su mettre en valeur LE moment : celui où nous débouchons de l'escalier pour arriver au coeur du centre ville.
Emerveillement...
Stupéfaction...
Nous étions subjugués par une vague de beauté : devant nous s'étendait le château en haut d'une colline, arborant des milliers de fenêtres et surplombé d'une église gothique flamboyant. Que nous tournions la tête à gauche, à droite derrière, la richesse architecturale de cette ville dépasse toutes le sidées que je m'en faisais. Tous les styles s'y côtoient, avec toutes les couleurs, dorures, statues, ornements qu'on peut y ajouter. Chaque rue est un ravissement nouveau. La "cité aux cents clochers" mérite bien de figurer parmi les plus belles villes du monde. Après de nombreuses exclamations, le poids de nos bagages commence à se faire sentir, ainsi que le vide de nos estomacs. Nous nous mettons en quête -guide du Routard aidant- d'une taverne locale ou faire bombance. Et nous la trouvons après quelques détours. A notre arrivée, les serveurs nous gratifient d'un sourire amusé après notre "ahoj" (salut) enjoué et essouflé. Imaginez une taverne aux poutres de blois clair apparentes, des gravures de figures historiques tchèques, quelques outils agricoles, des immenses tables en bois brut et des bancs du même acabit. Vous y êtes. Quelques minutes après s'être assis, on vous apporte trois pintes de Pilsner Urquell à la pression, la bière nationale, moins chère que l'eau minérale... La faim qui me tenaillait étant insupportable, je commande un plat local à base de porc braisé et de chou rouge. La pinte suffit à attendre les plats, et entraîne la commande de sa petite soeur... Quand arrivent les plats, nous sommes saisis de stupeur (encore!). Les assiettes sont gigantesques (l'équivalent d'assiettes à pizza) et très bien remplies, si bien même que nous n'avons pas pu finir! Au final nous avons mangé très copieusement et arrosé notre plat d'un litre de bière chacun pour... 10 euros par personne! Raisonnable mais encore cher pourtant.
Nous avons passé le reste de l'après-midi a chercher nos logements temporaires respectifs. Je me suis donc arrêté chez Maja Hostinovà, la pragoise qui vient passer son semestre à l'EDNA. Je fais connaissance avec son copain, Marek, qui m'explique qu'il a un appartement a lui et donc que je serais seul là où habite Maja. Il s'agit d'un immense appartement tès haut de plafond, aux grandes pièces décorées très sobrment mais avec goût de meubles Ikea, de livres de design (en tchèque... snif!), de dessins et de photos. Un endroit très agréable situé dans le quartier "Nusle" (prononcer Nuchlé) de la ville, tout en pentes, de nombreuses rues pavées parcourues de catétaires et de rails pour le tramway, de bâtiments aux styles toujours aussi variés et encore plus colorés. Ma fenêtre donne sur un bâtiment de style Renaissance orangé et crème, avec à droite un bâtiment haussmanien crème et blanc et à gauche un bâtiment de style classique vert et blanc.
Après une petite sieste (nécessaire mais involontaire) je pars rejoindre Emilie et Yves en centre ville en choisissant de préférer la marche au tramway, afin de voir plus de choses. Très vite je m'aperçois que les pentes sont longues. Je comprends l'utilité du tram. Je traverse des parcs, et chaque habitation me paraît être un monument. Parfois on croise un clocher, seul, sans église ou maison autour, qui contribue à la forêt de clochers dont on distingue le faîte sur l'horizon des toits de la ville. Nous décidons d'aller boire un verre (une pinte ça va de soi!) sur l'équivalent pragois des Champs-Elysées : la place Venceslas, qui ressemble plus à un boulevard qu'à une place. On y croise tout le monde et notamment des étudiants munis de leurs ordinateurs portables qui profitent du réseau public, cela autour d'exposition de sculptures modernes qui longe le centre de la place. Le tout dominé par un palais imposant de style classique, surmonté d'un dôme. Au pied de ce-dernier, la statue de Venceslas, premier monarque tchèque suivi de la sépulture de Jan Palach, l'étudiant qui s'est immolé publiquement pour réveiller les consciences de son peuple face au régimme liberticide instauré par le parti communiste. Sur cette place la pinte de bière est trois fois plus cher qu'ailleurs : 90 couronnes tchèques (Kc) soit environ 2,80 euros... Nous attendions un feu d'artifice qui n'a jamais eu lieu, donc nous sommes parti manger à une rue de notre future école, l'AAAD (Académie d'Architecture, d'Art et de Design) qui s'est avérée être le colossal bâtiment haussmanien au pied de la Vltava (prononcer Valtava...le fleuve qui traverse Prague) et à deux rues du fameux pont Charles, le rendez-vous des amoureux.
L'évidence a du mal à s'imposer à mon esprit, mais l'euphorie lui succède : notre école est située au coeur de la ville dans l'un des plus beaux endroits... Et nous avons de plus une vue imprenable sur le château!
Je passerais sur la salade que nous avons décidé de prendre pour reposer nos estomacs du festin du midi, mais qui avait malgré tout le même gabarit que les plats du midi sus-cités (et ils appellent ça une "entrée"...) avec une pinte de la même bière, bien sûr! Ce restaurant s'appelle "La Belle Epoque" et si l'extérieur rappelle l'Art Nouveau, l'intérieur ressemble à un estaminet du Nord de la France, pourvu d'une gigantesque hotte (accrochée au plafond par quatre chaînes!) sous laquelle on fait griller les (gros) morceaux de viande. Et quelques affiches de produits français de cette "belle époque" ornent les murs. Ah oui! Le serveur s'est adressé à nous uniquement en français, performance remarquable! La ballade digestive fut la traversée du pont Charles, encore plein de monde pour l'heure (minuit passé) et de couples s'embrassant tendrement, passionnément ou langoureusement au pied des statues séculaires. Du pont on peut voir l'éclairage de tout la ville, vert orange ou bleu projeté sur les façades ouvragées, les tours, les clochers et les terasses. On vient sur ce pont avec l'être dont on est amoureux, j'y suis venu seul,mais seulement en apparence, car c'est de cette ville dont je suis tombé amoureux.
Le retour s'est avéré plus difficile, il n'y a plus de métro après minuit, et je n'ai pas encore saisi le fonctionnement des trams de nuit. Par ailleurs, sans carte de la ville, j'ai réussi -sans surprise- à me perdre. Ce n'est qu'après plusieurs détours que j'ai demandé mon chemin aux personnes sobres et parlant anglais (l'alliance des deux est rare!) que j'ai pu croiser. Je me suis de nouveau perdu mais par un heureux hasard, j'ai reconnu une des rues traversées plus tôt dans l'après-midi, qui m'a permis de rejoindre l'appartement de Maja, les jambes ankylosées et les paupières lourdes. Le temps de taper ce résumé (il y a moins de fautes j'ai relu le lendemain) et je m'effondre dans mes couettes de plume... Il est 4h du matin.
Départ sans panique d'Orly Sud. La Ville Lumière se réveille sous une chape de nuages, qui prolonge un peu la nuit. J'y retrouve Emilie et Yves pour embarquer dans le vol 2307 à Destination de Prague. J'embrasse mon père et ma marraine et nous arpentons ensuite les couloirs de l'immense aéroport. L'attente fait place à l'anxiété tandis que sous nos yeux l'avion manoeuvre pour que la passerelle s'attache à lui. Sourire et message de binevenue des hôtesses, puis décollage. Nous perçons alors le voile grisâtre pour déboucher sur une mer de nuages éclairée par un soleil éclatant. Il semble que nous survolons une plaine enneigée infinie. Je feuillette un guide du Routard, qui m'en apprend plus sur l'histoire du peuple tchèque et les subtilités de la langue. Finalement l'heure et demie de voyage aura passé à une vitesse folle, déjà nous amorçons la descente vers un paysage de verdure et de champs, essaimé de toits rouges.
L'aéroport semble n'avoir jamais servi tant il est propre. Nous parvenons à trouver l'endroit où l'on achète des tickets de transport et enfin l'arrêt où passe le bus 119 C (prononcer tché). Après s'être rendu compte, en même temps qu'un petit groupe de touriste, que ce bus allait se garer à la station centrale et son chauffeur se reposer, nous avons attendu son collègue qui, lui, allait nous amener à la station de métro désirée : Dejvicka (prononcer Deiivichka). Içi le tramway surplombe la ligne de métro, des tramway d'un autre âge, rouge et crème, côtoyant les voitures à (trop) grande vitesse. Le métro semble aussi très récent, mais la décoration de nombreuses stations est un manifeste des seventies : une plaque de métal sur laquelle est embossée une partie de sphère, et ces plaques recouvrent toute la courbure du tunnel. Elles sont dorées ou rouges, dorées ou vertes, dorées ou bleues... Et les escalators qui nous ramènent à la surface sont interminables (5 minutes de montée/descente selon l'option choisie!). Par contre cette attente a su mettre en valeur LE moment : celui où nous débouchons de l'escalier pour arriver au coeur du centre ville.
Emerveillement...
Stupéfaction...
Nous étions subjugués par une vague de beauté : devant nous s'étendait le château en haut d'une colline, arborant des milliers de fenêtres et surplombé d'une église gothique flamboyant. Que nous tournions la tête à gauche, à droite derrière, la richesse architecturale de cette ville dépasse toutes le sidées que je m'en faisais. Tous les styles s'y côtoient, avec toutes les couleurs, dorures, statues, ornements qu'on peut y ajouter. Chaque rue est un ravissement nouveau. La "cité aux cents clochers" mérite bien de figurer parmi les plus belles villes du monde. Après de nombreuses exclamations, le poids de nos bagages commence à se faire sentir, ainsi que le vide de nos estomacs. Nous nous mettons en quête -guide du Routard aidant- d'une taverne locale ou faire bombance. Et nous la trouvons après quelques détours. A notre arrivée, les serveurs nous gratifient d'un sourire amusé après notre "ahoj" (salut) enjoué et essouflé. Imaginez une taverne aux poutres de blois clair apparentes, des gravures de figures historiques tchèques, quelques outils agricoles, des immenses tables en bois brut et des bancs du même acabit. Vous y êtes. Quelques minutes après s'être assis, on vous apporte trois pintes de Pilsner Urquell à la pression, la bière nationale, moins chère que l'eau minérale... La faim qui me tenaillait étant insupportable, je commande un plat local à base de porc braisé et de chou rouge. La pinte suffit à attendre les plats, et entraîne la commande de sa petite soeur... Quand arrivent les plats, nous sommes saisis de stupeur (encore!). Les assiettes sont gigantesques (l'équivalent d'assiettes à pizza) et très bien remplies, si bien même que nous n'avons pas pu finir! Au final nous avons mangé très copieusement et arrosé notre plat d'un litre de bière chacun pour... 10 euros par personne! Raisonnable mais encore cher pourtant.
Nous avons passé le reste de l'après-midi a chercher nos logements temporaires respectifs. Je me suis donc arrêté chez Maja Hostinovà, la pragoise qui vient passer son semestre à l'EDNA. Je fais connaissance avec son copain, Marek, qui m'explique qu'il a un appartement a lui et donc que je serais seul là où habite Maja. Il s'agit d'un immense appartement tès haut de plafond, aux grandes pièces décorées très sobrment mais avec goût de meubles Ikea, de livres de design (en tchèque... snif!), de dessins et de photos. Un endroit très agréable situé dans le quartier "Nusle" (prononcer Nuchlé) de la ville, tout en pentes, de nombreuses rues pavées parcourues de catétaires et de rails pour le tramway, de bâtiments aux styles toujours aussi variés et encore plus colorés. Ma fenêtre donne sur un bâtiment de style Renaissance orangé et crème, avec à droite un bâtiment haussmanien crème et blanc et à gauche un bâtiment de style classique vert et blanc.
Après une petite sieste (nécessaire mais involontaire) je pars rejoindre Emilie et Yves en centre ville en choisissant de préférer la marche au tramway, afin de voir plus de choses. Très vite je m'aperçois que les pentes sont longues. Je comprends l'utilité du tram. Je traverse des parcs, et chaque habitation me paraît être un monument. Parfois on croise un clocher, seul, sans église ou maison autour, qui contribue à la forêt de clochers dont on distingue le faîte sur l'horizon des toits de la ville. Nous décidons d'aller boire un verre (une pinte ça va de soi!) sur l'équivalent pragois des Champs-Elysées : la place Venceslas, qui ressemble plus à un boulevard qu'à une place. On y croise tout le monde et notamment des étudiants munis de leurs ordinateurs portables qui profitent du réseau public, cela autour d'exposition de sculptures modernes qui longe le centre de la place. Le tout dominé par un palais imposant de style classique, surmonté d'un dôme. Au pied de ce-dernier, la statue de Venceslas, premier monarque tchèque suivi de la sépulture de Jan Palach, l'étudiant qui s'est immolé publiquement pour réveiller les consciences de son peuple face au régimme liberticide instauré par le parti communiste. Sur cette place la pinte de bière est trois fois plus cher qu'ailleurs : 90 couronnes tchèques (Kc) soit environ 2,80 euros... Nous attendions un feu d'artifice qui n'a jamais eu lieu, donc nous sommes parti manger à une rue de notre future école, l'AAAD (Académie d'Architecture, d'Art et de Design) qui s'est avérée être le colossal bâtiment haussmanien au pied de la Vltava (prononcer Valtava...le fleuve qui traverse Prague) et à deux rues du fameux pont Charles, le rendez-vous des amoureux.
L'évidence a du mal à s'imposer à mon esprit, mais l'euphorie lui succède : notre école est située au coeur de la ville dans l'un des plus beaux endroits... Et nous avons de plus une vue imprenable sur le château!
Je passerais sur la salade que nous avons décidé de prendre pour reposer nos estomacs du festin du midi, mais qui avait malgré tout le même gabarit que les plats du midi sus-cités (et ils appellent ça une "entrée"...) avec une pinte de la même bière, bien sûr! Ce restaurant s'appelle "La Belle Epoque" et si l'extérieur rappelle l'Art Nouveau, l'intérieur ressemble à un estaminet du Nord de la France, pourvu d'une gigantesque hotte (accrochée au plafond par quatre chaînes!) sous laquelle on fait griller les (gros) morceaux de viande. Et quelques affiches de produits français de cette "belle époque" ornent les murs. Ah oui! Le serveur s'est adressé à nous uniquement en français, performance remarquable! La ballade digestive fut la traversée du pont Charles, encore plein de monde pour l'heure (minuit passé) et de couples s'embrassant tendrement, passionnément ou langoureusement au pied des statues séculaires. Du pont on peut voir l'éclairage de tout la ville, vert orange ou bleu projeté sur les façades ouvragées, les tours, les clochers et les terasses. On vient sur ce pont avec l'être dont on est amoureux, j'y suis venu seul,mais seulement en apparence, car c'est de cette ville dont je suis tombé amoureux.
Le retour s'est avéré plus difficile, il n'y a plus de métro après minuit, et je n'ai pas encore saisi le fonctionnement des trams de nuit. Par ailleurs, sans carte de la ville, j'ai réussi -sans surprise- à me perdre. Ce n'est qu'après plusieurs détours que j'ai demandé mon chemin aux personnes sobres et parlant anglais (l'alliance des deux est rare!) que j'ai pu croiser. Je me suis de nouveau perdu mais par un heureux hasard, j'ai reconnu une des rues traversées plus tôt dans l'après-midi, qui m'a permis de rejoindre l'appartement de Maja, les jambes ankylosées et les paupières lourdes. Le temps de taper ce résumé (il y a moins de fautes j'ai relu le lendemain) et je m'effondre dans mes couettes de plume... Il est 4h du matin.
Par fab
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Publié dans : Journal de Bord
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